La technologie désigne l’application pratique des connaissances scientifiques et techniques dans le but de résoudre des problèmes, d’accomplir des tâches ou d’améliorer les conditions de vie humaines. Elle englobe non seulement les machines et les appareils physiques (comme les ordinateurs ou les moteurs), mais aussi les méthodes, les systèmes, les logiciels et les savoir-faire développés pour répondre à des besoins spécifiques. La daba, la charue et le tracteur sont des technologie appliquée à l’agriculture avec des niveaux de sophistications et de performances différentes. Le digital est comme son nom l’indique les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication).
Depuis les débuts de l’humanité, la technologie a toujours servi de prolongement à notre propre corps, un amplificateur de nos capacités physiques. La grue a décuplé la force de nos bras, le vélo a multiplié la vitesse de nos pieds, et le télescope a repoussé les limites de nos yeux. Même des outils plus récents, comme la calculatrice ou l’ordinateur, ne faisaient qu’étendre notre mémoire et notre capacité à traiter des données à grande vitesse. Tous ces instruments partageaient une caractéristique commune : ils étaient inertes, passifs, et attendaient patiemment d’être activés, configurés ou manipulés par la main de l’homme pour fonctionner. Ils étaient des outils au sens le plus strict du terme.
Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, nous franchissons un seuil inédit qui brise cette logique historique. L’IA ne se contente plus d’exécuter nos ordres ou d’amplifier nos gestes ; elle tente désormais de reproduire notre processus cognitif. Contrairement à un moteur qui a besoin d’un conducteur, un système d’intelligence artificielle peut analyser, apprendre de ses erreurs et prendre des décisions de manière autonome. Elle n’est plus un simple miroir de nos capacités physiques, mais un reflet de notre esprit. Cette transition marque le passage d’une technologie qui fait à une technologie qui « pense », ou du moins, qui simule la pensée humaine avec une précision troublante.
Ce changement de paradigme soulève des questions fascinantes et vertigineuses. Si nos outils ne sont plus seulement des extensions de notre corps mais des partenaires intellectuels, quelle sera notre place dans ce nouvel écosystème ? Certains analystes et exégètes religieux commencent à s’interroger sur le fait que l’homme “joue le rôle de Dieu” en créant une intelligence capable de parfois nous surpasser. L’homme a créé des machines et leur a insufflé une intelligence. Pour eux, à un moment donné, l’homme pourrait se demander s’il doit vraiment croire en Dieu, car il a été capable de se substituer à Dieu par la création.
Nous devons repenser notre relation avec des machines qui ne se contentent plus d’obéir, mais qui proposent, créent et anticipent. L’enjeu n’est plus seulement de savoir comment utiliser la technologie, mais comment collaborer avec une entité qui, pour la première fois dans l’histoire, essaie de penser comme nous.
Boukary Zorom (https://linkedin.com/in/boukaryzorom)
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